Bienvenue à la boutique Sexy Chocolat


Un plaisir aussi onctueux que le chocolat

Attention, cette histoire est à caractère érotique. Pour un public avertit.

Introduction: Liliana Valois surnommée Lili est une jeune femme un peu carpe diem qui possède une boutique de produit érotique bien particulière. La boutique Sexy Chocolat offre de la lingerie fine, nommé Votre création pour toutes les silhouettes de femme en plus de nombreux produits pour tous les goûts. Sans oublier un coin salon pour les longues séances d'essayage, mais aussi pour une présentation de produits entre copines et des consultations privées sur les produits. Il y a aussi un miroir reflétant la plus belle image de ces clientes et surtout d'onctueux chocolat nommé Satisfaction. Découvrez les aventures de Lili dans sa nouvelle ville dans une boutique loin d'être normale!!

samedi 7 juin 2014

Chapitre 16

Non! rien de rien!, disait Édith Piaf. Non! Il ne s’est passé rien!
Niet, nada, néant, rien! Il n’y a rien eu encore! Pourquoi? Parce que je vous imagine faire une journée de douze heures à nourrir les estomacs affamés de plus de 2000 personnes. Alors, comme nous étions trop fatigué en fin de journée pour faire quoique ce soit.  Nous nous sommes simplement souhaitez le bonne nuit et pouf! Dans le lit, sans chichi! J’ai dormi comme une bûche.
Deux jours plus tard, toujours pas de nouvelle. Là où le bât blesse, c’est que je suis une femme assez sexuelle (je crois que vous le saviez déjà ca) et je commençais à être sérieusement en manque. Habituellement, j’ai plusieurs amants et je n’ai juste pas le temps de m’ennuyer ou sentir ce manque, ce qui n’est pas le cas actuellement. Je ne sais pas pourquoi, mais dans cette ville, je me sentais incapable d’approcher un homme juste pour le trippe d’une aventure d’un soir.
Pendant que je nettoyais mes modèles de vibromasseurs démonstrateurs (rien pour aider ma cause) j’entendis frapper à la porte. Je déposai le nouveau modèle de la compagnie Lelo qui était en passant sublime pour aller voir qui n’osait pas entrer.
― Bonjour Lili!
― Bonjour, répondis-je tout sourire.
Une très belle femme se tenait devant moi. Elle ne semblait pas trop savoir si elle pouvait entrer ou non. Était-ce sa première fois dans la boutique? Pourtant son visage m’était familier. Par délicatesse et professionnalisme,  je préférai lui demander.
― Non! La dernière fois j’étais venu avec des amies. C’est juste que je ne savais pas trop si je pouvais entrer ou non étant donné qu’il s’agit d’une maison privée.
Je la dévisageai un instant n’ayant qu’un vague souvenir de ce jolie minois. Pourtant, je n’oubli pas ce genre de personne. Cette femme dégageait une confiance et une douceur à vous jeter par terre. On aurait dit un ange. Je fouillai dans ma mémoire et comme un flash, ça me revint.
― Sarah, m’exclamai-je victorieuse!
― Wow! Vous vous souvenez de vos clientes.
― En fait, je ne me souviens que des personnes qui me frappent et dans votre cas c’est votre beauté qui m’a subjugué, répondis-je en la laissant entrer.
― Merci! C’est flatteur!
― Ça fait plaisir! Comment puis-je vous aider aujourd’hui, lui demandais-je en l’invitant au salon?
―Bien, lors de la présentation, j’étais un peu gênée de magasiner devant mes copines, mais je m’étais promis de revenir seule avec un peu plus d’argent dans les poches.
― Parfait! Avez-vous une idée ce que vous cherchez?
― Je suis ici pour deux choses. Le Lelo Gigi, m’a complètement conquise. C’est définitif que je le prends. Aussi, je voulais essayer de la lingerie.
― Parfait! Vous pouvez aller voir la lingerie de ce côté. Pendant ce temps, je vais vous sortir votre Lelo. Désirez-vous quelque chose à boire lors de l’essayage?
― Votre vin de fraises était délicieux la dernière fois que je suis venue. En avez-vous encore?
― Oui bien sûr! Je vous apporte ça.
Pendant que ma cliente commençait à fouiller dans la lingerie j’allai lui servir un verre de vin et alla le déposer au salon avant de me rendre vers la section des petits amants siliconés.
― J’ai déposé votre verre au salon.
― Merci! Vous savez…
― Vous pouvez tutoyer.
― Ok, merci! Je n’ai jamais acheté de lingerie. J’ai envie de me sentir sexy. Est-ce que ça te dérange si je te demande ton avis?
― Bien sûr que non, je suis là pour ça!
Quand on me demande mon avis, il est rare que la cliente me fasse une parade de mode avec la lingerie sur elle. Ce ne fut pas le cas avec Sarah. Après qu’elle ait choisi ses morceaux, elle alla directement vers l’une des cabines. Pour ma part, je me dirigeai vers le comptoir caisse enfin de préparer l’emballage de ma cliente. Lorsque je la vis sortir de la cabine, j’aperçu, une Sarah vêtue d’une petite culotte brésilienne en dentelles blanches et d’une chemise en filet et en dentelle blanche. Je pouvais voir ses mamelons roses au garde à vous au travers du léger tissu en plus du délicat bijou qui pendait à son nombril et de ses fesses rebondies. Ma pression monta d’un coup! Mes joues et mes oreilles étaient en feux et mon bouton d’amour m’élançait. J’avais devant moi mon fantasme féminin (car oui, je fantasme de femmes parfois) et étant déjà en mode excitation, je restai sans voix.
Je clignai des yeux un instant tâchant de ramener mon intelligence à un niveau décent, mais comme un homme, cette fonction était rendue au niveau du plancher pelvien.
― Qu’en penses-tu, demande-t-elle d’une voix mielleuse?
J’eu à ce moment un brin de lucidité, du moins assez pour formuler :
― C’est très beau. Cette ensemble accentue tes courbes et tombe très bien.
Elle sourit. Un sourire victorieux, voire malicieux. Elle s’approcha de moi d’une démarche féline, provoquant un déhanchement outrant. Mon cœur voulait me sortir de la poitrine. Son regard était brûlant et ses lèvres rougis et lustrés. Signes avant-coureur que son baromètre d’excitation était à la veille d’exploser.
Elle plongea son regard dans le mien tout en réduisant l’écart entre nous deux. Son regard n’était plus celui de la Sarah angélique qui fait du shopping, non! Son regard me faisait plus penser à Sarah la fauve qui avait soif de chair et qui ensorcelait sa proie. Bien sûr la proie ici, c’est moi.
― Je dois t’avouer Lili, que je suis bisexuelle. J’aime les hommes comme j’aime les femmes et toi, tu rentres exactement dans mes cordes.
Voilà! Le baromètre sexuel de ma cliente venait d’exploser, éclaboussant au passant mon propre baromètre. L’aiguille de celui-ci chancelait entre excitée et le besoin animal de sexe.
― Tu es belle, généreuse, amusante, ouverte et surtout pulpeuse, continua-t-elle. J’adore les femmes qui ont une grosse poitrine et des courbes sensuelles. D’ailleurs, j’ai remarqué que tu sais les mettre en valeurs, finit-elle en effleurant du bout des doigts la délimitation de mon corsage.
À ce moment précis, je fondis. Indigne d’une professionnelle me dira-t-on, mais je dois avouer que même les plus professionnelles des professionnelles ne sont pas faites en bois. De ce fait, j’embarque dans le jeu.
Ma main prit sans détour le sein qui lui était offert. Je sentis la chasseuse de chair, victime de son propre désir, frémir au toucher de ma main. Pourtant, je ne m’arrêtai pas là. Je massai délicatement la chair dans ma paume afin de sentir chaque grain de cet épiderme si doux. La simple idée de sentir le sein et son mamelon régit d’excitation m’emballa. Je poussai plus loin mon aventure, en dégageant le symbole suprême de la féminité de la dentelle qui le recouvrait partiellement et j’y déposai tendrement mes lèvres. Un chaste baiser lui signifiait mon respect. Je montai très lentement tout en déposant un baiser du bout des lèvres à chaque étape. Je sentis la sève quitter les extrémités de mon corps afin de nourrir mon cœur en plein extase de sensation. Ses battements accélèrent et son souffle se mélangea au miens. Avide de sensations et de douceurs, ses lèvres lustrées frôlèrent les miennes, déposant un peu de saveur de fruits exotiques et de chaleur. Il n’y avait plus d’espace entre elle et moi.
Chaque frôlement de lèvres devint plus intense. Les langues se joignirent à la danse et finalement dans un mélange de saveurs, la danse s’emporta et alla plus loin pour terminer par un triple salto arrière.
Sous son regard intense, je me dévêtis, avant de me noyer dans l’océan vert de ses yeux. Mon soutien-gorge en dentelle blanche qui remontait savamment ma poitrine comme deux mandarines qu’on rêve de savourer, se découvrit. À son tour de déposer de chastes baisés dans mon cou et sur mes épaules. Habilement, elle désagrafa mon soutien, laissant tomber lourdement mes deux mandarines d’amour.
Dans un commun accord, nous continuâmes notre duel en effleurant du bout des doigts gelés la pêche fraîche, dessinant ainsi l’échine de chacune jusqu’au petit triangle des Bermudes; courant de sensations et de frisson. Je remontai sa chemise, l’envoyai valser sur le sol et me colla à elle. Nos cœurs tambourinaient en parfait accord, guidant le rythme de notre tango sensuel.
En un rien de temps, aucun vêtement ne couvrait nos corps. Enfin nue, je l’observai, admiratrice de sa beauté. J’humai son parfum de fruits citronnés mélangé aux arômes de vins de sa coupe qu’elle avait prise avant le parade. Mes lèvres replongèrent une seconde fois en retenant mon souffle et je recommençai mon manège. Cette fois-ci ma technique fût plus avancée, ayant pour moi seule le terrain de jeu tant convoités. 
Je l’entendais. J’entendais son souffle court oui, mais j’entendais son corps en demander encore et encore. Elle aimait ça et elle me le fit comprendre de manière complètement muette. Pourquoi y mettre des mots, quand nos corps en symbioses pouvaient très bien se comprendre?
Doucement, ses mains me dégagèrent de mon emprise. Coquine, elle ne me lâcha pas des yeux, mais je voyais très bien sa main qui me pointait un objet derrière moi. Mais oui, bien sûr! Pourquoi ne pas profiter de son achat? Sans attendre,  j’allai chercher sur le comptoir l’objet de désir. De retour à ma maîtresse d’un jour, Sarah me dit que ce n’était pas pour moi.
Agilement, les rôles se renversèrent. Elle m’étendit sur le tapis douillet qui délimitait la section de la lingerie et le jouet activé caressa ma ligne directrice prenant élan sur mon Mont de Vénus, s’envolant comme un avion et atterrit sur le coté de ma tête.
C’est alors qu’elle m’embrassa langoureusement, partageant le plaisir entre sa bouche et sa langue. Les caresses de nos corps, la succion de ses lèvres contre ma peau étaient de la musique à mes oreilles. À un point tel que je ne remarquai même pas la vibration du vibro et je sursautai en sentant ce troisième partenaire me pénétrer. Le contact siliconé et froid sur ma chair bouillante me fis gémir de plaisir. Un sourire de victoire illumina le visage de mon amazone. Elle continua son mouvement de va et viens devenant de plus en plus énergique.
Au travers de cette vibration de plaisir, je lui lançai un regard de défi. Ce n’était plus de l’amour, mais un jeu de bataille entre deux amazones avides de dominance. Qui sera la meilleure? Qui prendra le dessus? Qui fera jouir l’autre la première?
Elle se lança la première et m’embrassa férocement. Sa proximité me permit d’atteindre le point sensible de la dame et au premier touché, elle se raidit et me mordit légèrement la lèvre inférieure. Je la poussai sur le dos et repris l’avantage. L’amant siliconé continua toujours de vibrer en mes entrailles, laissant de petits spasmes me traverser le corps entier. Allais-je tenir?
Ma main agile se faufila entre ses lèvres pour aller rejoindre les petites coquines qui avaient échappées à mon emprise. Un et deux doigts la pénètrent en même temps que mon pouce lui stimulait son bouton de bonheur. Sarah ferma les yeux. Un souffle chaud s’échappa de sa bouche en même temps qu’un son sourd.
Mes jambes tremblèrent de plaisir, et mes orteils se tordirent de ravissement. Mon corps n’était que chair tremblante, gourmande de frissons et de jouissance. Tout comme le sien qui hurlait qu’il en voulait plus. C’est à ce moment que je réalisai que la boutique n’était plus qu’un un havre de sexe. Tout sentait le sexe; odeur d’émanation corporelle légèrement parfumée.
Sarah profita de ce moment d’inattention pour reprendre le dessus. Mes doigts se crispèrent alors que Lelo se retira pour chatouiller mon clitoris. Puis finalement, il reprit sa place en mon antre tout en changeant de pulsion et de puissance. Une langue agile remplaça les vibrations, me faisant gémir encore plus fort que je ne l’aurais cru moi-même.
Je devais admettre qu’elle gagna le deuxième round en me faisait connaître un orgasme gargantuesque. Bonté divine, bénis soient les Dieux qui ont inventés l’orgasme du point G. Fort et prenant, vous ne pouvez pas échapper à une telle extase.
Déçu de ma performance en même temps d’être repue, je m’effondrai. Je l’entendis rire de satisfaction. Ce n’était que partie remise, car elle aussi, elle voulait connaitre cette explosion de sensations. Je me décidai à reprendre sur moi répondre à ses désirs.


Nues comme un vers, je sentis une léger courant d’air froid animé mes sens. Je revenais tranquillement à la vie, tout comme ma partenaire. Pourtant, ce n’est qu’au bout de quelques minutes, après avoir tempéré nos corps et notre esprit, que Sarah prit la parole :
― Quelle bataille!
― Savoureuse…
― On recommence?
― Sérieusement?
― Non, rit-elle. Mais je viendrai magasiner plus souvent dans le coin.
― Ce n’est plus que du magasinage, c’est aussi une démonstration privée!
― Oui, si on veut. D’ailleurs je te dois de l’argent!
― Prend le temps de revenir sur terre.

Assis en tailleur, j’observai la pièce. Soudain, je pris conscience qu’on aurait pu nous surprendre à tout moment. Pourtant, personne ne vint à la boutique! Ou peut-être personne n’osa entrer en entendant nos gémissements. Bon, je pourrais rajouter cette aventure de mon journal des premières fois. Première fois avec une femme, dans la boutique, en plein jour!

vendredi 30 mai 2014

Chapitre 15


Le 23 juin; c’est la fête à St-André Avellin, comme partout au Québec! Pour l’occasion de la fête nationale, la municipalité avait organisé une multitude d’activités au parc central de la ville. Il y avait au programme des jeux gonflables pour les petits et des tonnes d’animation en lien avec l’histoire du Québec, mais aussi plusieurs compétitions amusantes étaient au menu. Sans oublier les différents kiosques disponibles et bien entendu, le célèbre spectacle de fin de soirée et les feux d’artifices.
Comme j’essayais de m’impliquer dans chaque communauté que je visitais, je m’étais inscrite à titre de bénévole pour la St-Jean Baptiste. J’arrivai très tôt, tel qu’on me l’avait demandé afin d’aider aux derniers préparatifs de la fête. Nous devions nous rejoindre à l’entrée du part afin de connaître l’horaire de la journée et le poste où nous serions.
― Lili! Je ne pensais pas te trouver ici aujourd’hui, déclara une voix derrière moi.
En me retournant, je découvris Monique, la caissière du supermarché. Je ne pensais pas qu’elle me reconnaîtrait, encore moins qu’elle viendrait me voir tout sourire. Je me dis que seuls les fous ne changeaient pas d’idée. Faut croire qu’elle ne me voyait plus comme une dévergondé.
― Bonjour Monique! En fait, j’aime bien m’impliquer dans la communauté, alors la fête du Québec me paraissait le moment idéal pour donner un peu de mon temps.
― Je te lève mon chapeau! Ce n’est pas tout le monde qui oserait faire ce que tu fais. Parfois, j’ai l’impression que les jeunes ont perdu l’esprit de communauté.
― Je dirais qu’il faut peut-être leur montrer et leur donner leur chance! Qu’est-ce que vous en dites?
La femme d’une cinquantaine d’année me dévisagea un moment et osa :
― Tu m’épates, Lili! Tu sais, je croyais que tu étais qu’une fille qui aimait s’amuser et s’envoyer en l’air. Je m’excuse d’avoir eu une si base estime de toi.
― Voilà une belle preuve qu’il ne faut pas juger les gens avant de les connaître.
Monique ne répliqua pas. Par contre, mon dernier commentaire fit son bout de chemin dans son esprit. Dès qu’elle eut la chance de s’esquiver, elle en profita en aillant Martin, son patron.
― Martin! Regarde qui sera des nôtres!
― Salut Lili, me lança-t-il tout sourire!
Ouf! J’eue tellement peur qu’il m’en veuille à vie de notre mésaventure dans les prés. Pourtant, il semblait avoir passé l’éponge et apprécier ma présence. Tant mieux!
― Ça fait plaisir de te voir ma belle Lili! Toujours aussi rayonnante!
― Merci! Vous savez, ça me rassure de voir des gens que je connais.
― Ben voyons, déclara Monique! Je suis certaine que tu vas te fondre dans la population, comme si ça faisait des années que tu étais ici.
― BON! Tout le monde, cria l’organisateur. On va séparer les équipes! Martin et Monique vous aller à la billetterie. Daniel, Caroline, Steve, Jérôme et Lorraine, allé aux jeux des enfants…
L’organisateur continua ainsi jusqu’au dernier bénévole. Tous furent nommés, sauf moi. Pourtant, j’étais présente. J’allai voir le chef de la journée qui semblait m’attendre de pied ferme :
― Liliana, c’est ça?
― Oui! Je n’ai pas été nommé.
― En fait, c’est normal. Beaucoup de nos bénévoles aimeraient être assigné à notre camion de bouffe, donc au fait un tirage au sort. Tu es l’heureuse élue. Comme je ne voulais pas faire de jaloux, j’ai omis de le dire. Alors, tu seras dans le camion la bas, finit-il en me pointant un camion bleu royal avec un comptoir sur le côté, identique aux foods truck de New York avec le logo Dubreuil Traiteur.
Soudainement, je n’ai plus envie d’y aller. Je donnerais volontiers ma place à quelqu’un d’autre. Pourquoi je ne voulais pas y aller? Peut-être parce que le propriétaire est l’homme avec qui j’aurais dû passer une nuit torride qui au lieu de ça, j’ai ronflé comme une marmotte. LA HONTE!
Je vins pour me retourner vers l’organisateur pour lui demander de changer de place, mais il avait déjà disparu.
Bon! Fait une femme de toi et assume la responsabilité de tes actes. Mettons monsieur ego de côté et allons-y. Après tout, il n’y a pas mort d’homme… simplement un orgueil qui c’est évanoui.
Malgré ces bonnes paroles, je sentais une nervosité affreuse dans le creux de mon estomac. Néanmoins, mes pas me dirigèrent vers le camion en question. Puis je le vis sortir la tête, m’apercevoir et me faire un grand sourire. Mon petit moi à envie de courir se cacher dans ma boutique. Pourtant, je continuai à avancer, faussement souriante. Je lui envoyai la main et après avoir parcouru les quelques mètres qui nous séparaient (qui me semblèrent des kilomètres), j’arrivai à sa hauteur.
― Lili! Je suis vraiment content de travailler avec toi. Comment vas-tu?
― Bien…
― Tu en es certaines, me demanda-t-il soudainement inquiet de ma condition?
― Oui… non! Je suis tellement…
― Lili, m’interrompit-il. Cesse ne t’en faire pour samedi. Je comprends, l’alcool, le soleil, la fatigue et tout. Je n’ai pas tenu plus que toi.
Je le regardai dubitative. C’est tout? Tout ce temps à se fendre l’âme parce que je n’avais pas été digne d’une scène explicite pour ça. Vraiment, j’ai l’art de dramatiser tout. Je me suis senti les épaules soudainement tellement légère.
― Puis entre toi et moi, ce n’est que partie remise, me chuchota-t-il à l’oreille.
Il me fit un clin d’œil et se mit au boulot en m’expliquant le plan de la journée que j’écoutais à moitié, car mon imagination sexuelle c’était mis en branle. Une ribambelle d’idées d’endroits et de positions me traversa l’esprit.
― Lili! Lâche les rêves érotiques, me lança Carl en claquant des doigts.
Il s’approcha de moi et déposa ces deux mains chaudes sur mes bras et me couva de son regard protecteur.
― Je sais que c’est tentant de rêver de mes fesses, mais aujourd’hui est une énorme journée et il y a beaucoup de travail. Je te donne tout ce que tu veux demain, mais là, j’ai besoin de la Lili avec toute sa tête.
― Bon, d’accord! Mais j’ai juste besoin d’une chose pour me calmer.
― Quoi donc?
Je m’étirai sur la pointe des pieds, passai ma main derrière sa nuque et l’embrassai fougueusement. Il me rendit mon baiser sans se faire prier et rit doucement lorsque je me décollai. Je le regardai dans les yeux avec un air de défi :
― Essaie de ne pas rêver à mes fesses monsieur Ego.
Puis tournai les talons en l’entendant répéter monsieur Ego, faussement offusqué. Il avait gagné mon cœur, mais j’avais gagné cette bataille. Si on peut appeler ça une bataille!

Au comptoir de de billetterie, un homme à tête grisonnante demanda un laissez-passer pour une personne. La préposée, tout sourire, lui remit en ticket en échange de la monnaie qu’on lui tendit tout en lui souhaitant bonne journée. L’homme lui lança un sourire et se tourna pour observer les festivités. Il y a longtemps qu’il n’avait pas vu de près ce genre de jubilés. Il appréciait l’idée que l’homme, même s’il avait un besoin maladif de tout dominé, était capable de festoyer avec ces pairs.
D’un pas tranquille, il avança dans la foule en échappant un sourire à droite et à gauche cherchant une personne bien précise. Il tourna le coin d’un kiosque de produits naturelles quand il l’a vit embrasser un homme costaud et beaucoup plus grand qu’elle. Son cœur se serra en voyant la jeune femme aux cheveux auburn.
Ma pauvre Lili! Sais-tu quel mal tu te fais?
Comme un père surprotégeant ses enfants, il eut envie d’aller la tirer des bras de l’homme et de la sermonner sur ses responsabilités qu’elle avait accepté en signant un contrat avec lui, mais il s’abstint. Il n’avait pas le droit d’intervenir dans la vie de ses protégés sauf s’il y avait urgence. Ce qui n’était pas le cas présentement. Elle devait apprendre de ses erreurs, mais Dieu sait que la chute serait douloureuse.

La jeune femme se retourna un instant, comme si elle se sentait épiée. Ne voyant rien, elle retourna œuvrer dans le camion à titre de serveuse. Gabriel sourit et souhaita que le cœur de sa protégée de connaîtra plus de blessure comme à la mort de son mari.

vendredi 16 mai 2014

Chapitre 14

J’étais encore frustrée de ma fin de semaine! J’avais un poids sur le cœur et je n’étais pas capable de m’en défaire. Comment aie-je pu manquer une telle occasion? Le lendemain matin, je me suis réveillé alors que la matinée était bien avancée. J’étais seule dans le lit, car monsieur se levait aux aurores. Il dût partir à Montréal pour la journée. Comment l’aie-je su? Une charmante Judith eut le plaisir de me le dire juste un peu avant qu’elle se foute de ma gueule. Bien sûr, je lui raconter ma mésaventure de la nuit et j’eu le droit entre deux éclats de rire :
― Attends! C’est pour ça qu’on a couché ici? Pour t’endormir dans ses bras!? Quelle romantique tu fais ma Lili!
Comment aie-je pu être aussi bête pour me laisser aller dans les vapeurs de l’alcool et m’endormir? On ne fait pas ça Lili! Pas avec un homme aussi… sexe que Carl!
Bon! Ceci dit, une chose me consola… à moitié! Judith me raconta qu’il avait une tête d’un gars qui avait passé une nuit torride avec une déesse de l’amour. Était-ce parce qu’il c’était foutu de ma gueule ou était-ce parce qu’il s’était vraiment endormi avec moi? L’histoire ne le dit pas. Du moins, pas pour le moment.
Je suis donc revenu chez moi avec un mélange de sentiments amoureux et de tristesse. Depuis dimanche, je me morfonds à me poser mille et une question, typique d’une femme.
M’aime-t-il un peu? Beaucoup? À la folie? Pas du tout?
J’ai même été à deux cheveux d’aller chercher des fleurs pour faire comme dans les films. Je vous rassure, je me suis contenu! Heureusement qu’hier était ma journée de ménage. J’ai pu passer ma frustration dans les coups de balai et de chiffons. Toutefois, aujourd’hui je me suis dit que je devais trouver une activité me demandant toute ma concentration pour me sauver de mes idées noires. Ma comptabilité semblait la parfaite tâche pour contrer mon humeur. Des chiffres, des calculs, de la précision; c’était exactement ce qu’il me fallait. C’est armé d’une bouteille d’eau et d’un bon café bien tassé que je me décidai à plonger mon nez dans mes livres.
Pourtant, je n’ai pas le temps de voir où j’en étais que j’entendis une voiture entrer dans le stationnement. Quelques secondes après, une madame Lafayette frappa avec énervement à la porte de la boutique en criant mon nom.
Je poussai un soupir et marcha vers la porte d’entrée.
― Je suis désolé Lili, mais je devais te parler aujourd’hui!
― Entrez Mme Lafayette, répondis-je tout sourire, même si le cœur n’y était pas. Vous savez que ma porte est toujours ouverte.
Je la laissai entrer et l’invita  à se rendre vers le salon. Elle marcha d’un pas assuré vers les canapés et se retourna attendant mon signal pour y aller. La petite étincelle dans l’œil ne m’échappa pas. L’expérience avait donc réussi. Je l’invitai donc à s’asseoir et à me raconter son expérience.
― Exquis, déclara-t-elle d’entrée de jeu!
― Quoi donc, Mme Lafayette, demandai-je feignant l’innocence?
― L’idée de combiner un morceau de mon délicieux fudge avec le miroir, les chandelles et tout et tout, était une magnifique idée. Je suis encore toute émoustillé. Quelle est la suite?
J’haussai un sourcil, surprise de cet empressement. Nous avions fait un grand pas. Heureuse de cette réussite, je ne pus m’empêcher de rire. Ce corps de femme mature se transformait en petite fille toute énervée devant une montagne de cadeau.
― Puis-je explorer les jouets, osa-t-elle?
― Pas maintenant, répondis-je encore plus surprise. De toutes évidences, quelqu’un avait réussi à lui mettre dans la tête l’idée d’utiliser les jouets.
― Avant, je veux que vous exploriez une autre chose. Comme je vous l’ai déjà dit, vous devez bien vous connaître  avant de choisir votre futur amant siliconé. Prochaine étape… êtes-vous prête?
― Oh que oui!
― Donc la prochaine étape sera dans la douche.
― Je vous demande pardon, échappa Mme Lafayette dubitative.
Ne me laissant pas décourager, je continuai ma lancée.
― Vous m’avez bien comprise, sous la douche. Parfois on sous-estime les biens faits des jets de la douche à titre de massage.
― Vous désirez que je me masse sous la douche?
― Oui et vous aller essayer ceci.
Je me levai et me dirigeai vers la section des produits et revint une bouteille verte à la main.
― Je vous présente un gel de douche bien particulier. Celui-ci est à la menthe.
― Ok et alors, demanda Mme Layette soudainement les épaules basses?
― En plus de goûter bon, la menthe a pour propriété d’être stimulante à cause de sa fraîcheur. Alors, lorsque vous vous savonnez avec ce produit, il est fort probable que les zones érogènes de votre corps seront stimulées. Et je vous rassure tout de suite le produit est hypo-allergène. Alors, voici le plan. Vous vous savonnez sensuellement comme si vous caressiez la plus belle sculpture de votre vie et n’oubliez aucune partie de votre corps.
Je pris une pause pour être certaine que mon interlocutrice me suivait et je continuai :
― Ensuite, prenez votre douche téléphone et déposez le jet directement que vos zone érogènes et j’entends les seins ainsi que votre clitoris.
Je perçu un petit sursaut lorsque je nommai les zones, mais elle sembla encaisser le choc de la terminologie jusqu’ici bannit de son vocabulaire. On progressait!
― Vous allez remarquer que sur le coup, ça peut sembler désagréable, mais persistez. Le chatouillis va devenir de plus en plus agréable. Pour faciliter l’exercice, vous pouvez vous accroupir.
― D’accord, répondit-elle  mal à l’aise. Dois-je écrire une lettre encore?
― Comme d’habitude. Par contre, la différence entre cette activité et les autres c’est que vous allez recommencer à mainte et mainte fois avant de venir me porter la lettre. Il devrait avoir une évolution dans la manière que vous allez vous sentir face à votre corps. Vous allez peut être découvrir des sensations que vous ne connaissez pas encore. Bref, le mot d’ordre sera d’oser!
― Oser, répéta-t-elle comme une enfant. Bon, d’accord! Je crois que je peux le faire. Je vais vous prendre le gel de douche.
― Pas de problème, passons à la caisse.
Une fois la transaction terminé, elle me remit une enveloppe scellée un sourire fier sur les lèvres.
― Voici ma dernière lettre. Je crois que celle-ci va être bien et la prochaine meilleure.
― Je n’en doute pas Mme Lafayette. Et je vous promets que tout ça reste entre nous.
― Tu es tellement gentille Lili! Merci beaucoup de ton temps.
Elle tourna les talons et quitta la boutique. Je restai derrière le comptoir à observer la porte close. Je songeai au sourire de cette dame à qui je donnais une lueur d’espoir et je réalisai que j’en avais oublié ma peine. C’est vrai que donner aux autres est le meilleur baume pour les cœurs meurtris.


vendredi 9 mai 2014

Chapitre 13

Cet épisode de dégustation ma foi très intense, fût le début de ce qu’on peut appeler une relation. Nous sommes allés rejoindre les autres sur la terrasse et nous avons eu un plaisir fou. Lui comme moi agissions comme si nous nous connaissions depuis des lunes. Personne ne dit rien, sauf un clin d’œil de mon amie Judith. Pourtant nous agissions comme un couple! Quelle importance!? Le principal était le moment présent et je l’ai savouré à chaque minute.
Aussi, nous avons tellement mangé! Pour un chef en manque d’inspiration, on ne pouvait pas dire que le talent lui avait échappé.  Bouchées de poire et foie gras, bouchées au brie avec fraise et basilic, salade au melon d’eau et feta, en passant par des fromages, assiette de crudités, bagels au saumon et le méchoui. Il y en avait pour tous les goûts.
Le plus beau dans cette histoire c’est qu’en discutant à gauche et à droite, je pu réserver des soirées sexy avec bouchées thématiques concoctées par Carl. Jamais je n’aurais cru trouver là une opportunité d’affaire.
Le soleil était maintenant disparu laissant place aux étoiles. Nous avions allumé le foyer sur la terrasse et nous profitions de la douce température. Alors que je contemplais tout ce beau monde en discussions appuyée sur la rambarde, Carl vint me rejoindre.
― Comment trouves-tu la soirée?
― Super! Quoique j’avoue que je commence à être un peu échevelée.
― Ce n’est pas grave vu que tu vas dormir ici.
― Je ne peux pas laisser Judith…
― C’est déjà réglé! Elle aussi dort ici. Elle a appelé sa mère pour l’aviser qu’elle ne rentrait pas ce soir pour qu’elle s’occupe de son fils.
― Oh! Un homme prévoyant.
― Si on veut, répondit-il en riant.
Alors que nous étions tous les deux à regarder les gens s’amuser, nous profitions de cette proximité dans le silence. Seule la présence de l’autre suffisait. Pourtant, en moi, je sentais un volcan gronder. Je suis une femme de chair et j’avais le plus homme de la région à mes côtés. En plus que mes sens étaient légèrement accentué par l’alcool et ma conscience était partie se coucher depuis belle lurette et je ne rêvais que du contact de son corps chaud contre le mien.
― J’irais bien me coucher, déclarai-je!
― Quoi? Maintenant?
― Oui, mais j’ose espérer que tu m’accompagneras, répondis-je en me le fixant droit dans les yeux.
Quelques secondes, qui me parurent une éternité, s’écoulèrent. Nous nous regardions, complètement perdu dans le regard de l’autre. Puis sans crier garde, Carl me prit le visage à deux mains et m’embrassa fougueusement. La terre arrêta de tourner. Je me laissai emporter dans le courant et  je glissai mes mains sous chandail ne désirant qu’une chose; un contact physique avec lui.
À bout de souffle, je me décollai de lui. Mes lèvres me démangeaient d’en demander encore, mais le peu de logique qui me restait me rappela qu’il fallait trouver un endroit plus discret. C’est à ce moment que Carl me prit la main et se faufila rapidement au travers de la foule sans leur jeter un regard, avec moi qui trottinais tant que je pus en arrière. Avait-il lu dans mes pensées?
Nous descendîmes les marches rapidement et nous faufilâmes au travers des divans pour enfin aboutir dans la chambre. Il s’arrêta subitement et me fit tournoyer sur moi-même jusqu’à ce que j’arrive face à lui. Malgré notre précipitation, tout tomba au ralentit. Mon regard plongé dans le sien, je pouvais voir une flamme danser dans ses yeux.
― Lili, qu’est-ce que tu me fais, demanda-t-il d’une voix rauque?
― La même chose que ce que tu me fais?
― Jamais…
Je déposais mon doigt sur ses lèvres humides et rouges. Je savais vers quoi il allait et je ne voulais pas l’entendre. Ma situation était complexe, je le savais! Alors pourquoi tourner le fer dans la plaie. Vivons l’instant présent et nous verrons après.
Pour m’assurer qu’il n’en rajoute pas, je l’embrassai encore et encore laissant mes mains faire leur chemin sur le corps de mon amant. Généralement, quand je m’offrais pour la première fois à quelqu’un, il y avait des maladresses. Pas cette fois-ci! Chaque étape suivait son cours. Au travers des caresses, les vêtements abandonnèrent nos corps chauds pour rejoindre de part et d’autres le sol de la chambre. Nous allâmes rejoindre le lit douillet et confortable. Mon amant s’arrêta un instant m’observant et dégageant mon visage d’une mèche de cheveux. Mon dieu, s’il s’avait ce que ce simple touché pouvait me faire.
―  Tu es tellement belle, Lili.

À ce moment, l’alcool, ma position horizontale, le manque de souffle dût aux trop nombreux échanges buccaux me donnèrent une sensation de transe. La douceur de ses gestes n’aidant en rien, j’osai fermer les yeux. Oui! J’ai fermé les yeux, sans jamais les rouvrir. Du moins, jusqu’au matin.  

lundi 31 mars 2014

chapitre 12

            Il y a de ces jours où je me dis que c’est une vraie galère d’être une femme. Surtout quand celle-ci à une envie irrésistible de plaire. Quel bon vêtement mettre? Comment se coiffer? Doit-on mettre des sous-vêtements sexy ou confortable? J’ai pris mon vendredi soir ET mon samedi après-midi pour répondre à toutes ses questions et me préparer.  Au moment où je me regardai dans le miroir, je pouvais dire que c’était parfait. L’ensemble m’allait à ravir et s’agencait parfaitement avec mon « mood » du moment. Une blouse de type poncho en voilage que couleur sable avec camisole et jeans legging noirs. Sans oublier le magnifique collier long et les bracelets dorés qui brillent à mon bras. Classique, mais tendance et HYPER confortable. Et si la question vous à effleurer l’esprit, j’optai pour un ensemble classique de sous-vêtements noir en dentelles. Simple, jolie, sexy et encore très confortable. Je sais pas pourquoi, mais je sentais un besoin d’être bien avec moi-même. Peut-être parce que j’allai rencontrer un homme qui me fait complètement chavirer!
Satisfaite de l’ensemble, je décidai d’aller me calmer à la cuisine en prenant un petit verre de pinot des Charantes. Cette boisson qui me rappelait ma mère, avait un petit quelque chose de réconfortant. Parfait, quand on a les nerfs en boule! Alors que terminai de verser mon verre, j’entendis une voiture entrer dans mon stationnement. Sans hésitation, je sorti un autre gobelet et servi mon amie qui entra quelques secondes après.
― Oh! On a sorti la boisson des grandes occasions, déclara Judith en entrant.
― Oui! Habituellement j’en prends durant le temps des fêtes, mais j’aime bien en prendre un verre l’été aussi. Puis j’ai pensé qu’on pourrait entamer notre soirée ici, avec un apéro!
― J’adore! D’ailleurs vous êtes très belle madame.
― Merci. Laisse-moi te dire que ce Carl me met les nerfs à fleur de peau. Je ne sais pas ce que cet homme a, mais à chaque fois que je le vois, il me chamboule.
― Pour vrai? Ah bien ça expliquerait pourquoi tu t’es étouffée cette semaine. Et la bonne nouvelle, c’est qu’il est maintenant célibataire.
― Ah oui? Comment sais-tu ce potin, demandais-je soudainement alerte?
― Bien, je suis la confidente de la cousine un peu sans le savoir. Elle m’a dit et je dicte : « Je suis tellement contente que la petite énervée ne soit plus dans le décor. Elle était gentille, mais trop petite fille pour Carl. Je sais pas pourquoi il ne sort pas avec une VRAIE femme, imita mon amie. »
― Entre toi et moi, c’est quoi une vraie femme?
― Je ne sais pas moi. Une femme en haut de 30 ans.
― Ça, c’est un préjugé Judith, lui répondis-je en riant. Je crois que sa cousine voulait dire une femme un peu plus mature que Cloé.
― Tu la connais?
― Oui, elle était une de mes clients. En fait, elle a été ma première cliente ici.
― Ah bon, dit-elle en haussant les épaules, complètement indifférente.
Elle cala son verre et le redéposa bruyamment sur l’îlot où nous étions installées.
― Alors? On y va?
J’imitai Judith et lui déclarai en prenant mon courage à deux mains :
― On y va!

Nous arrivâmes devant un… comment dire? Un manoir? Un château? Un domaine? En fait, je dois avouer que j’y vais un peu fort. La façade semblait être une maison bien modeste, mais c’est une fois à l’intérieur que l’ensemble devient impressionnant. Construit à même un mont, l’immense demeure de Monsieur Dubreuil avait de quoi couper le souffle. Des plafonds cathédrales, des boiseries, des planchers en bois franc ou en ardoise, sans oublier les fenêtres qui offraient une vue sur le lac, bref tout de cette maison avait de quoi impressionner. Par contre, je ne dirais pas que c’était des grandeurs froides et sans âmes. J’habiterais dans cette maison sans problème, sans sentir d’inconfort.
― Bonjour mesdames!
C’est un Carl vêtu d’une simple chemise noir laissant légèrement paraitre ses clavicules et d’un jean bleu foncé, qui nous accueilli tout sourire. La dernière fois que je me sentis les jambes molles au point d’avoir l’impression que le plancher allait se dérober sous moi, ce fût à mon mariage. On se calme Lili! Tout va bien!
― Je suis ravis de te revoir Lili! Et vous êtes, demanda-t-il à l’intention de mon amie?
― Judith! Je suis une bonne amie de votre cousine Marjorie
― Ah oui! Elle m’a dit qu’elle inviterait des amies. Avoir su qu’elle comptait Lili dans ces amies...
― En fait, je ne connais pas Marjorie, c’est plus Judith, finis-je par bafouillé.
― Je vois. Ne restez pas là entrez mesdames! Vous êtes toutes en beauté d’ailleurs!
― Merci, jubila Judith, les yeux grands comme des 2 dollars.
            Notre hôte nous invita à le suivre à l’arrière, sur l’immense terrasse où quelques invités papotaient joyeusement, un verre à la main. Alors, que nous n’avions même pas franchi la porte qu’une femme, que je supposais être Marjorie, se précipita sur Judith. Pourtant, je ne pu entendre ce qu’elles se dirent, car on me tira vers une autre direction.
            Carl me guida vers la cuisine où une délicieuse effluve chatouillait mon nez. Carl lâcha doucement ma main se dirigeant vers les fours.
― J’ai cru comprendre que tu étais un fin palais. Je voulais te faire goûter à une de mes création.
― Super! C’est quoi?
― Ferme les yeux! Je veux que tu utilises tes sens pour découvrir les saveurs. Je suis de ceux qui croient que lorsqu’on veut optimiser une expérience sensorielle, il faut couper l’un des sens. Dans notre cas, ce sera la vue.
Je pris alors la liberté de m’assoir sur l’un des tabourets qui était au pied de l’îlot et fermai les yeux attendant la suite. Rapidement, je sentis une chaleur près de moi. Mon cuistot n’était qu’à quelques pouces de moi. Mon rythme cardiaque accéléra et je sentis mes joues rosirent, mais je tâchai de rester stoïque. Pourtant, le frôlement de sa jambe sur l’intérieur de ma cuisse me fit frémir. Même les yeux fermés je pouvais deviner son sourire satisfait. Il frôla mon épaule du bout des doigts et murmura :
― Tu es prête?
Incapable de prononcer un simple mot, j’hochai la tête. Sa main quitta mon épaule pour se déposer sur ma joue.  Sa chevelure frôlant mon front et je sentis son souffle chaud sur mon visage.
― Ouvre la bouche, souffla-t-il.
Je m’exécutai, haletante et pris la bouchée qu’on me tendait dans ma bouche. Une explosion de saveur et de sensation. Encore meilleur que de faire l’amour. De la fraîcheur fruitée avec l’épice qui ne faisait que mettre du coffre aux saveurs légères et sucrés. Agrume et… oh! De la menthe!! Quel délice!
 ― Alors, chuchota-t-il?
J’ouvris les yeux, toujours aussi haletante. Sa proximité et la magie des saveurs dans ma bouche du restant d’épice qui dansait sur ma langue, me fit frissonner de la tête au pied.
― Succulent, répondis-je encore un peu groggy!
― J’en suis ravi.
Il appuya son front sur le mien et ferma les yeux. J’observai son visage serein et j’avoue que si j’avais pu arrêter le temps, je l’aurais fait là! Un instant de pur bonheur qui ne dura que quelques secondes, car abruptement, il se recula. Son soupir me laissa croire qu’il s’était reculé à contre cœur, qu’il aurait resté ainsi plus longtemps. Toutefois, ce moment changea mon point de vue et ma manière d’être. Comme si j’avais compris que la notion de temps n’avait plus d’importance, que c’était simplement le présent qui était important. Et le moment présent était merveilleux.
― Je n’ai pas de mérite sur la recette, car je l’ai trouvé en fouillant sur le web, mais la technique fait toute la différence. Je voulais élaborer un concept plus sensuel à la dégustation. Afin de découvrir un aspect plus agréable à déguster certains repas, même les plus banales.
― J’aime bien le concept, répondis-je enfin revenue à moi-même, plus zen que jamais. Toutefois, pourquoi prendre une recette existante. J’ai entendu parler de tes mérites de cuisinier dans toute la ville.
― Tu as raison! Je crée mes recettes habituellement, mais en toute sincérité Lili, il prit un temps pour s’appuyer sur l’îlot en face de moi, lever les yeux vers moi et continuer : Il y a une femme qui me chamboule complètement voir qui m’obsède tellement que j’en perds mon imagination. Je n’ai même plus envie de faire de la cuisine, sauf pour elle.
Je ne répondis pas, comprenant les sous-entendus de cet aveu. Je le regardai dans les yeux un instant et mon petit moi comprit que je ne pouvais pas tout contrôler, mais que je pouvais me résilier à suivre la vague. Carp diem! Le moment présent est important et sans mot dit, nous venions de signer un accord d’échange mutuel pour un temps indéterminé. Après avoir fait cette constatation, je me levai pour faire le tour de l’îlot et pris son bras.

― Alors lâche les fourneaux pour un moment et profites de la vague.

jeudi 13 mars 2014

Chapitre 11


― Passez une bonne journée M. Pagé!
― Vous aussi Lili et n’oubliez pas mon invitation pour aller prendre un verre.
― Je vous promets d’y penser, répondis-je en riant.
Le facteur quitta ma demeure souriant et fier comme un paon. Daniel Pagé dans un lit? Je passai mon radar sur le dos du facteur chargé comme un mulet. Malgré sa tête blanche, il serait un bon parti. Surtout en voyant ses fesses et ses mollets. Juste y penser, je me sens toute émoustillée. Un moment de plaisir solitaire s’imposai après avoir été remontée ainsi. Alors que je me tournai vers l’entrée de ma maison, j’entendis une voix m’interpellée. Je me retournai aussitôt pour apercevoir Mme Lafayette marcher vers moi, souriante, mais les épaules basses, encore timide.
À ma hauteur, sans prononcer un mot, elle me tendit une enveloppe. Je me souvins enfin du rendez-vous que je lui avais fixé. Adieu mon plaisir solitaire!
― Vous l’avez fait! Très bien. Comment ça c’est déroulé?
― Difficile, je dois avouer!
― Oh! Entrons! Je vais faire du café.

            Assise en face d’elle, l’enveloppe sur la table à café blanche, j’attendis qu’elle parle. Ce qui ne tarda pas à venir, plus confiante que lors de notre première rencontre.
― J’ai trouvé l’expérience difficile et enrichissante. J’ai eu de la difficulté à franchir le pas de la nudité.
― Qu’est-ce qui vous a pousser à aller jusqu’au bout?
― Vous, Lili!
― Moi?
― Je rêve d’être aussi belle que vous. La confiance que vous dégagez n’a pas de prix et je me suis dites que vous devriez avoir du plaisir à vous voir nue, alors pourquoi pas moi. Au début, ce fût dur de voir mes seins tombants, mon ventre flasque, mes grosses fesses, etc. D’ailleurs, je dois vous avouer que… que je n’ai aucun plaisir à faire cette exercice finalement. Je crois que ce n’est pas accessible pour moi.
Mon cœur se serra devant ce visage de défaite. Je ne pouvais pas laisser cette femme baisser les bras aussi rapidement.
― Non! L’orgasme, le plaisir et la confiance sont pour tout le monde. Vous avez fait un grand pas. Vous avez été capable de vous voir dans un miroir, mais le chemin d’acceptation peut prendre du temps.
― Oui, mais ce n’était pas plaisant! Aussi, je ne l’ai pas fait tous les jours.
― Ca va! Il n’y a aucun problème de ne pas le faire régulièrement. J’ai une autre idée pour aller plus loin si vous voulez bien.
Elle me regarda incertaine d’apprécier l’idée d’aller plus loin. Pourtant dans le silence, je vis l’acceptation faire son chemin dans sa tête. Je me risquai alors à proposer ma fameuse suggestion.
― Je sais que lorsque vous vous observez sous une lumière crue, c’est moins enjoliveur, nous sommes tous pareils. Par contre, si on y rajoute l’ambiance, l’idée que l’on est belle peu faire son chemin. Je vous propose une soirée EN-TIÈ-RE-MENT consacrer à vous. Un bon repas, un bon bain avec bulles de bain et des chandelles. Ajoutez-y un élément que vous aimez. Aimez-vous le chocolat?
― Oui, j’adore!
― Encore mieux. Un peu de vin ou mousseux ou…
― Porto?
― Va pour le porto! Et rajouter le sens du goûter avec votre sens de la vue et du toucher.
― Du toucher?
― Oui! Ceux qui apprendront le mieux à connaître votre corps sont vos doigts. Effleurez votre peau du bout des doigts en savourant toutes les subtilités du chocolat mélangées au porto.
― J’aime bien!
― Essayez et ensuite mettez sur papier vos sensations et peut-être revoyez votre description de vous-même.
― Oui oui oui! J’adore, répliqua-t-elle l’œil brillant. Je cours chercher du porto!
Mme Lafayette quitta ma boutique en courant avec une nouvelle énergie. Je souhaitais tellement que le résultat soit encore mieux que la dernière fois. Cette femme m’était attachante dans sa naïveté et sa crainte de l’inconnu.

Un peu plus tard dans la journée, mon amie Judith vint me rejoindre pour prendre un café. Confortablement installées à la cuisine, nous papotions comme de vraies gamines de tout et de rien.
― Si tu savais comme cette époque me manque. Depuis que j’ai un enfant, c’est impossible de reprendre notre rythme de folle galère, me répliqua Judith en penchant ses yeux sur son café qu’elle avait presque terminé.
― Tu vois, moi elle ne me manque pas. C’était bien à ce moment et aujourd’hui c’est autre chose, d’autres expériences.
― Comment fais-tu pour être aussi sage, s’exclama Judith?
― Tu sais, depuis la mort de Miguel, il y a bien des éléments dans ma perception des événements qui ont changés. Par contre, ça ne change rien au fait que l’on peut s’amuser quand même aujourd’hui.
― Oh! Parlant de s’amuser, vous êtes invitée, madame, à une superbe soirée dans l’une des plus belles maison de la région, déclara mon amie avec un air coquet.
― Ah bon? Qui m’invite? Viendras-tu aussi?
― Bien sûr que je vais venir et c’est le beau chef Carl Dubreuil
Je m’étouffai avec le biscotti dans lequel je venais de croquer. Me sentant devenir rouge écarlate, je me précipitai vers le lavabo afin de recracher ma bouchée
― Ca va Lili, entendis-je derrière moi?
Je me fis couler de l’eau et en pris une grande lapée à même le robinet. Enfin, j’inspirai profondément avant de me retourner vers une Judith qui semblait complètement affolée.
― Ca va, t’inquiète! Ma bouchée a juste très mal passée! Donc tu veux aller chez ce traiteur!
À ce moment précis, ce qui m’amusa plus que tout, c’est à quelle vitesse Judith oublia que je venais de m’étouffer pour partir dans un monologue enjoué.
― Ma Lili! Tu n’as pas idée comme il est beau. Une beauté brute et virile comme on les aime. Il me fait penser un peu la Gerald Butler. Oh! Et il cuisine tellement bien, en plus. Toi qui aime la bonne bouffe, tu vas être servie! J’ai déjà goûté à un de ses services traiteurs et c’est des petites bouchées délectables qui sont carrément une explosion de saveurs dans la bouche, c’est bien simple, je fondais à chaque bouchée. Oh! Mais j’y pense… tu l’as déjà rencontrer, au bar!?
― Oui et il a fait un traiteur ici pour des clients aussi. Alors je sais de quoi tu parles, répondis-je en riant.
― Je suis désolé, je me suis emporter n’est-ce pas, me dit-elle toute gênée
― Ce n’est pas grave. Parles-moi donc de ce souper.
― Je connais très bien la cousine de ce charmant monsieur et elle m’a invitée à venir au BBQ que son cousin organise. Elle m’expliquait qu’il faisait ce genre d’événements tous les ans pour étendre sa clientèle et aussi pour s’amuser. Beaucoup d’alcool, bien sûr, mais beaucoup de nourritures. Tappas, méchoui et encore plus y parait. J’ai pensé que ça te dirais de me suivre et ça te permettrais de te faire une petite pub.
― Oui, genre 5 à 7 réseautage. Bonne idée! C’est quand?
― Samedi prochain.
― Parfait, je vais faire une annonce comme quoi je fermerai plus tôt samedi!
Mon amie sautillait de joie et ça me faisait plaisir à voir. Par contre, une autre petite crainte naissait en moi. En fait, pas une crainte comme une fébrilité de me retrouver face à un homme qui me chamboulait. Peut-être que la soirée se déroulera sans anicroche.

Je dirigeai mon regard sur une photographie encadrée sur le mur. Un couple souriait au photographe l’air d’être complètement heureux. Miguel et moi semblions si heureux à cette époque. Je regardai les yeux de mon mari d’autrefois et j’avais l’impression qu’il me disait de tourner une page d’histoire et de laisser mon cœur me guider pour une fois. J’en avais envie, mais j’avais peur. Peur de revivre cette douleur que j’avais vécue. Les adieux n’étaient pas ma tasse de thé et le contrat que j’avais signé avec Gabriel m’obligeait à les vivre plus souvent que je ne l’aurais voulu. « La vie est trop courte pour ne pas la vivre à son maximum, me disait souvent Miguel. » Est-ce que je le faisais vraiment? Peut-être que je devais réviser ma vision des choses.

lundi 3 mars 2014

Chapitre 10

Il était dix-huit heures passé et on cogna à la porte de mon logis. Je venais de fermer la boutique en prévision de la soirée de filles qui s’organisait pour 19h30 et je me préparai à les recevoir. Pas longtemps après la création de la boutique, je décidai de partir un concept comme les présentations à domicile, mais dans la boutique. Alors, les clients pouvaient réserver et je leur offrais une mini-présentation sur les produits qu’ils désirent en plus de leur offrir un service traiteur et vin payé par la maison. Ces soirées avaient toujours beaucoup de succès.
― Ca doit être le traiteur, me dis-je à haute voix.
Je me précipitai vers l’entrée et mon cœur fit trois tours quand j’ouvris la porte. Carl était là debout face à moi, les mains pleines de victuailles, souriant.
― Bonjour Lili! Tu as demandé un traiteur pour ce soir si je ne me trompe pas.
― Je.. oui oui! Je ne croyais pas que c’était le grand chef lui-même qui viendrait.
― Bien sûr! Surtout quand je vois Liliana Valois propriétaire du Sexy Chocolat. Tu me laisse entrer, c’est quand même lourd!
― Oui, oui, désolé, répondis-je et disparaissant derrière la porte pour laisser entrer l’imposante stature de cet homme.
Oh my! Il est dans mon chez moi. C’est plus juste un client là!
Eh oh! On se calme, il est le traiteur, rien de plus.
Il s’installa à la cuisine et s’informa où je cachais mes poêlons et chaudrons afin qu’il prépare les bouchées commandées.
― Je ne savais pas que tu faisais la cuisine sur place.
― Oui! C’est le but de ma compagnie. Le service d’un chef à domicile.
― Je veux bien, mais j’ai demandé un traiteur par un chef à domicile.
― Je sais! En principe, tu aurais reçu les bouchées par un livreur avec la facture. Pour une femme comme toi, je trouvais la chose un peu rude, alors je me suis moi-même déplacé. Puis toutes les raisons sont bonnes pour te voir, finit-il avec un sourire charmeur casanier qui lui était typique.
Je ne relevai pas le commentaire et le laissa préparer les bouchées. Incapable de tenir dans la même pièce que cet alpha qui dégageait une énergie sexuelle féroce, je décidai d’aller préparer ma boutique pour la soirée d’enterrement de vie de jeune fille. Il était dix-neuf heures quand je remontai voir l’apollon aux cuisines.
Cinq plateaux couverts de bouchées tout aussi appétissants les unes que les autres régnaient sur l’îlot.
― Voilà madame! Vos bouchées sont prêtes.
― Merci… répondis-je bouche bée par la présentation et l’arôme des plats.
― Vu qu’il s’agissait d’une soirée à caractère érotique, j’ai pensé sortir quelques ingrédients à saveur sensuelle ou aphrodisiaque histoire de mettre le ton à la soirée. Alors, on a ici des triangles de bonheur fait avec du ricotta en surtout des abricot qui rappelle un peu la chair douce et sensuelle d’une femme, un délice. Ensuite, il y a une salade de betterave qui à une influence positive sur les hormones. Un classique, les tostitos avec accompagnés de guacamole, LA recette pour mettre du piquant dans une soirée comme la tienne. L’avocat et le cumin sont des très bons aphrodisiaques subtils en plus d’être très savoureux. La troisième assiette est composée de Péché mignon de flétan. Un poisson frit avec un mélange de vanille et de piment. Deux autres ingrédients qui stimulent les sens et donnent des frissons. Enfin, l’extasie banane et chocolat qui sont des fondants au chocolat qui favorise la sécrétion d’hormone de plaisir. Savais-tu que même Casanova buvait plusieurs tasses avant d’aller rejoindre la dame qui l’attendait dans son lit? Bref, Les fondants sont accompagnés d’un petit verre de lait frappé aux bananes que je te suggère de mettre au frigo et ne sortir qu’à la toute fin. Alors voilà, mademoiselle Lili. Votre repas de la soirée.
Sa description me laissa sans mot. Il parlait de la nourriture d’une manière si sensuelle, si pervers qu’on croirait qu’il décrivait une scène pornographique. Juste à voir chacun de ces mots sortir de ces délicieuses lèvres rosés me faisait frémir.
― Oh! Tu devrais goûter à cette bouchée là, me dit-il en prenant avec délicatesse le morceau de péché mignon, histoire de te donner la pêche pour ta présentation.
Il s’approcha de moi en tâchant de ne pas perdre une miette du délicieux morceau de poisson frit et alors que j’ouvrai la bouche, bien malgré moi, de façon sensuelle, je plantai mon regard brûlant dans le sien. Sans même décoller mes yeux de ce regard transcendant, je sentis la bouchée sur ma langue. Une explosion de saveurs rempli mes papilles gustatives me laissant pantoise. C’est vrai que ces saveurs avaient un petit côté sensuel et exotique. Quoique tout était dans la manière de le présenter aussi.
Alors que j’avalai, Carl, toujours en me faisant l’amour du regard, passa son pouce sur le bord de ma bouche pour enlever ce que je suppose le surplus qui était resté jalousement sur mes lèvres.
― En soit, je l’aurai enlevé avec ma langue, mais je me suis garder une petite gêne, me murmura-t-il.
― C’est trop d’honneur  pour ma pudique personne, répondis-je du tact au tact.
― Est-ce que votre pudique personne à aimer?
― Je dois admettre qu’il s’agit bien d’une explosion de saveurs.
― Ravi de l’entendre. J’espère que vos invitées sauront en dire autant.
            Étrangement, j’avais cru remarqué qu’à chaque parole qui sortait de cette bouche, Carl approchait son visage du mien. Au stade où nous en étions, nos nez s’effleurèrent. Ouf! Douce sensation quand cèderas-tu? Était ce mélange de piment vanillé qui faisait tressaillir mes nerfs ou était-ce sa présence imposante et ma foi, si chaude et agréable.
            Pourtant la sonnette de la porte de la boutique cassa le charme. Sauver par la cloche et c’était le cas de le dire. Malgré toutes mes bonnes volontés de rester une femme sage et pure (admettons que) je restais une femme de chair qui ne pouvait pas résister à ce genre de conversation si charnelle!
            ― Ça doit être mes clientes qui arrivent, déclarai-je en reculant.
            ― Bien! Je te laisse leur répondre. Je vais descendre les plateaux et ramasser mon fouillis.
            ― Oh! Je peux le faire plus tard.
            ― Non! J’y tiens. Je n’aime pas laisser les cuisines dans lesquelles je pratique mon art dans un sale état.
            J’haussai un sourcil. Tout était sujet à controverse dans son choix de mot.
― Bon! Dans ce cas, je vais aller répondre!

Encore pantoise de ce moment très trop charnelle, j’allais répondre à mes invitées, souriante. Elles entrèrent me saluant, énervées comme des puces pour leur soirée.
― Nous avons apporté deux bouteilles de vin pour accompagner la soirée
― Parfait, j’ai de jolies bouchées toutes à caractère sensuelle à vous suggérez, répondis-je. Descendez et installez vous au salon, je viens vous rejoindre dans quelques minutes.
Elles descendirent en riant alors que j’allai rejoindre l’homme dans la cuisine. Il me souria et avant même que je n’ouvre la bouche il déclara :
― Ne t’inquiète pas pour moi. Je vais ramasser et quitter en douce. Tes invitées n’y verront que du feu.
― Oh! Ok, et pour le paiement.
― Tu recevras la facture plus tard, ou je viendrai te la porter, je ne sais pas trop.
J’haussai un sourcil. Tenait-il vraiment à revenir me voir? Soudain, je sentis une petite boule de papillons se former au creux de mon ventre. Alertée par mes sens, je décidai de couper cours à la conversation et aller rejoindre mes invitées.
― Dans ce cas, je te souhaite une belle soirée et un gros merci pour tout, Carl.
― Tout le plaisir était pour moi, répondit-il casanier.
Cet homme me faisait trop d’effet. Je devais faire attention pour ne pas tomber dans le panneau de la fille amoureuse. Je me permettais des flirts, mais jamais rien de plus car je ne restais jamais assez longtemps pour me le permettre. Non, Lili! Tu dois garder la tête froide.
C’est d’un pas déterminé que je rejoins mes clientes, tâchant d’oublier le sourire de Carl.

Les six filles riaient au salon en explorant les produits. Verre de vin à la main et petite bouchée ravissaient leur soirée de filles. Par contre, j’en avais une dans le collimateur. Depuis le début de la soirée elle faisait tout pour attirer l’attention sur elle, mais à mon détriment. Alors, que je présentais mes produits sensuels, elle n’arrêtait pas de me lancer des craques comme quoi j’étais une mauvaise vendeuse. Était-ce de ma faute si je n’avais jamais eu de problème d’infection avec les produits? La compagnie dit que leurs produits sont hypo-allergène et comme il s’agit d’une entreprise qui se spécialise dans le cosmétique, j’ai tendance à les croire sur parole. Par contre, quand on vient à être à cours d’argument devant ce genre de chipie, c’est difficile d’avancer. Et comme je ne suis pas du genre à mentir à mes clientes dans le but de vendre, bien j’ai dû faire face à mon ignorance sur le sujet.
Dans ces soirées, j’aime bien expliquer l’idée des images sur les produits ainsi que des faits historique.
 ― Ces images étaient utilisées à l’époque pour éduquer les enfants dans leur sexualité et l’hygiène aussi.
― Les geisha seulement, me répond-t-elle en ne lâchant pas des yeux son téléphone portable.
― Non, les enfants, garçons et filles
― Ben non, tu vois-tu les gars utiliser les boules. Où ils vont les entrer.
― Tu as raison, mais la je ne parle plus des billes, mais bien des images sur l’emballage.
― Oh! Désolé, répondit-elle rougissante.
Elle lâcha son téléphone un instant pour regarder les yeux qui la visaient et haussa les épaules.
― Ben quoi? Je n’ai pas le droit de me tromper?
Personne ne répondit. Un silence de mort planait. Visiblement, les filles commençaient à être à bout de ces répliques cinglantes de mademoiselle-je-sais-tout. Je même cru entendre un murmure qu’une des femmes lui demander de ce taire. Et j’en eu la confirmation. À la toute fin, je laisse les clientes magasiner en toute tranquillité dans la boutique en restant disponible pour elles. La chipie fût la première à venir me voir.
― Je vais prendre ca. Je vais te dire que tu n’es pas la meilleure vendeuse. Il faut que tu connaisses tes produits par cœur. La vente c’est go go go! Quite à mentir un peu.
― Ca fait 57.38$
― Comme ton système de facture. Arrive au 21e siècle. Une caisse enregistreuse est de mise ma cocotte, continua-t-elle en me tendant sa carte de crédit.
― Sur Mastercard, merci.
― Come on, prend juste le numéro de la carte et enchaîne la prochaine cliente. C’est ca la vente ma chérie.
Là, c’était trop.
― Ok! On va mettre quelque chose au clair. Un, je ne suis pas ta chérie ni ta cocotte ni aucun petit nom de ce genre. Mon nom est Lili. Deux, mes modes de paiements son à l’ancienne parce que mon système en brisé ce matin et que le technicien n’est pas disponible avant demain matin. Trois, ce n’est pas évident de faire une présentation devant une mademoiselle qui veut attirer toute l’attention sur elle, car elle souffre d’un manque quelconque dans sa vie et finalement, je ne fais pas de vente à pression car la vente n’est pas mon but finale. Mon but est la satisfaction de la clientèle avant toute chose. Et puis tu sauras mademoiselle-je-sais-tout-de-la-vente, aujourd’hui les gens en on assez de la vente à pression. Ils veulent du service! Et puis en leur donnant la bonne information et le bon service, bien je suis certaine qu’ils reviendront me voir et ÇA c’est de la vente à long terme, finis-je avec un sourire en voyant le visage déconfite de la cliente face à moi. Alors sur ce, voici vos achats et passez une agréable soirée.
― Je vais faire une plainte à ta boss.
― Pas de problème. J’attends ta plainte avec impatience, vu que je suis la patronne.
― Tu ne croiras jamais comment je peux détruire ta réputation, finit-elle en tournant les talons et quittant la boutique.
C’est vrai que je venais, statiquement parlant, de perdre 10 clientes potentielles, mais s’il s’agit de cliente dans son genre, je préfère ça ainsi. L’une des filles du groupe vint me voir et me dit :
― Merci Lili d’avoir osé dire ta façon de penser. Elle commençait à nous soûler avec ses commentaires négatifs.
― Oui et on est désolé. Elle c’est pour ainsi dire invitée toute seule, déclara une autre des filles.
― Ah oui?
― Oui, je me suis échapper dans un souper et elle a décidé de venir.
― Ce n’est pas grave. J’espère juste que je n’ai pas gâché votre soirée.
― Non au contraire! C’est une super soirée, merci Lili!

Finalement, au compte, malgré les contretemps, la soirée ce déroula bien. Même que je fis plus de ventes que mon quota habituel dans ces soirées. C’est qui la mauvaise vendeuse!